Arromanches-les-Bains (14)

Publié: 11 décembre 2009 dans Voyages
 
Pour la défense de ce petit port de pêche à vocation touristique, les Allemands ont construit une casemate sur la falaise dominant Arromanches et une autre sur la falaise de Tracy-sur-Mer.
 
 
Libérée le 6 juin à 18h30 par voie de terre, par des chars venant de Saint-Côme-de-Fresné, cette cité est choisie par les Alliés, avec sa voisine Vierville, pour la création de deux ports artificiels destinés à revitailler les troupes de débarquement en attendant la prise d’un grand port français. Depuis l’échec de l’expédition de Dieppe, il n’est plus envisageable de s’installer d’emblée dans un port. L’idée est d’en créer un.
 
 
Les deux ports artificiels, Mulberry A et B, sont préfabriqués en Angletterre et amenés sur place par remorquage à la vitesse de 7 km/h. Ils sont et demeurent un défi à la technologie. Dés le 7 juin, le port artificiel d’Arromanches ou Mulberry B, dénommé "Port Winston" en l’honneur de Winston Churchill à qui en revenait l’idée, commence à être mis en place. Dix-sept navires sont d’abord échoués au large afin de former un brise-lames de blockships nommé Gooseberry. Ensuite 115 caissons "Phoenix" représentant 500000 tonnes de béton (chaque caisson a les dimensions suivantes : 60m de long, 18m de haut et 15m de large et pèse 6044 tonnes) et une dizaine de pontons au têtes de jetée sont disposés afin de composer une vaste rade artificielle proposant 16km de routes. Mulberry A situé à Vierville est affecté aux troupes américaines tandis que Mulberry B doit servir aux troupes britanniques. Mais une tempête sévissant du 19 au 22 juin détruit le port artificiel de Vierville, si bien que l’ensemble des opérations de ravitaillement est regroupé à Arromanches. Le travail d’assemblement dure douze jours. Dans le même temps, des routes sont tracées et les abords de la plage dégagés. Une fois terminé, l’ensemble représente une rade de 8km de long pouvant recevoir les plus gros navires. Le 12 juin, soit six jours aprés le débarquement, plus de 300000 hommes, 54000 véhicules et 104000 tonnes de ravitaillement ont été débarqués. Ce port a rapidement un rendement supérieur à ceux de Cherbourg ou du Havre : il voit débarquer pendant ses cents jours d’utilisation 2,5 millions d’hommes, 500000 véhicules et 4 millions de tonnes de matériel. Le port est protégé d’une éventuelle attaque  de l’aviation allemande par 150 pièces de DCA et un barrage de ballons captifs.
 
 
De nos jours subsistent quelques pontons visibles de tous les points du littoral.
 

Le musée du Débarquement, imauguré le 5 juin 1954 par le président de la République, René Coty, situé devant les vestiges du port artificiel explique la construction et la fonctionnement des ports artificiels par une maquette animée de Port Winston et par un film. Il rappelle également les différentes phases de la libération de la Normandie. Chaque nation alliée dispose d’une vitrine.
 

Arromanches 360, le troisième Circorama de France, présente un film de dix-huit minutes "le prix de la liberté" sur neuf écrans dans une salle circulaire. Ce film mêle images d’archives et actuelles en plogeant le spectateur au coeur de l’action.
 

Graye-sur-Mer (14)

Publié: 10 décembre 2009 dans Voyages
 
Le Royal Winnipeg Rifles, dont les soldats sont surnommés les "diables noirs", s’empare rapidement de Graye-sur-Mer vers 9 heures. En revanche, le sanatorium, défendu par quelques artilleurs russes, résiste jusqu’au lendemain. Entre Courseulles et Graye, le général de Gaulle, venu à bord du contre-torpilleur La Combattante, retrouve le sol français le 14 juin 1944, accompagné entre autres des généraux Béthouart et Koenig, et de Maurice Schumann. L’enseigne à croix de Lorraine de La Combattante est conservé à Courseulles. Un monument en forme de croix de Lorraine rappelle cet instant.
 
 
Le général de Gaulle part en Jeep de la brèche de Graye et gagne le Château de Creullet pour y rencontrer Montgomery débarqué quelques jours plus tôt à cet endroit. Quelques casemates allemandes subsistent sur cette plage également choisie par Winston Churchill et par le roi George VI pour débarquer respectivement les 12 et 16 juin.
 
 
Au pied de la croix de Lorraine, à la sortie de la plage, est installé un char AVRE-Churchill nommé "One Charlie" de la 79e division blindée aprés avoir été exhumé en novembre 1976.
 
 
Dés 17 heures le 6 juin est aménagée une salle d’opération chirurgicale dans la cuisine de la colonie de vacances Sainte-Thérèse afin de s’occuper des blessés dont le nombre croissait heure par heure. Le 4 juillet, l’hôpital est transféré au sanatorium : lors du début de la bataille de Falaise, cet hôpital acceuille 2700 blessés en une seule journée.

Courseulles-sur-Mer (14)

Publié: 10 décembre 2009 dans Voyages
 
Ce petit port de pêche renommé pour sa production ostréicole voit débarquer le 6 juin différentes unités canadiennes, en particulier le First Hussars, le Regina Rifles, le Royal Winnipeg Rifles ou 1er Canadian Scottish.
 
 
Le débarquement y est fort difficile. Le régiment de chars Centaure en perd 34 sur les 40 débarqués. Prise sous un feu nourri déclenché depuis deux casemates, une compagnie perd les deux tiers de son effectif. Le combat acharné des Regina Rifles, devant conquérir chaque maison et chaque rue, permet la libération de la commune vers 10 heures. A 8 h 30, le char du sergent Léo Gariépy du First Hussars investit la Kommandantur. Sur la rive droite de l’estuaire de la Seulles est posé sur un socle un char Sherman DD (Duplex Drive), un engin de 32 tonnes coulé le 6 juin rappelant le débarquement de la 2e brigade blindée canadienne et dédié à Léo Gariépy. Plus loin, au bord de la Seulles, demeure une pièce allemande munie de son canon et placée dans son encouvement en béton.
 
 
 
L’embouchure de la Seulles va abriter dès le 8 juin le premier port allié de ravitaillement avant l’achèvement du port artificiel d’Arromanches : 2000 tonnes d’approvisionnements y sont débarquées chaque jours. Douze navires sont coulés afin de former une rade artificielle. A l’est de la digue, est disposé un immense glaive en bois de teck : c’est un monument dédié au Royal Winnipeg Rifles. Le centre Juno Beach rappelle l’engagement du Canada lors de la Seconde guerre mondiale.
 

Saint-Aubin-sur-Mer (14)

Publié: 10 décembre 2009 dans Voyages
 
Dans la nuit du 3 au 4 août 1940, Maurice Duclos, dit Saint-Jacques, revient dans sa commune, envoyé par le général de Gaulle pour estimer les forces allemandes pésentes et leurs implantations. Comme à Luc-sur-Mer, cette plage reçoit la visite d’un commando britannique effectuant un raid de reconnaissance dans la nuit du 27 au 28 septembre 1941. Moins de trois ans plus tard, les soldats canadiens y débarquent. Le régiment du North Shore rencontre nombre de difficultés, perdant hommes et chars sur la plage, à cause des défenses allemandes animées par un canon de 50mm et un grand nombre de mitrailleuses. Aprés le nettoyage de la plage, les 22 chars amphibiens du Fort Garry Horse affrontent une casemate. Le 48e Royal Marine Commando débarque lors de la deuxième vague avec pour objectif la prise de Langrune-sur-Mer. Les soldats tués sur la plage de Saint-Aubin sont enterrés dans le jardin d’une maison proche de la digue. Quant à l’école, elle sert d’hôpital. Sur la digue, à la limite de Bernières-sur-Mer, demeure la batterie de la Cassine. Ce point fortifié est aménagé à l’emplacement d’une villa nommée La Cassine que les Allemands ont rasée pour y installer par des couloirs souterrains ou à ciel ouvert.
 
 
Prés de la batterie où est toujours visible un canon est implanté le monument dédié au commando n°48 avec une liste des victimes civiles et militaires.
 

Lion-sur-Mer (14)

Publié: 14 octobre 2009 dans Voyages

Alors qu’il inspectait le Mur de l’Atlantique, le maréchal Rommel est photogarphié en compagnie de ses officiers au débouché de la rue des Bains devant la villa à colombage. Cette commune est libérée dès le 7 juin par le 41e Royal Marine Commando aprés un combat difficile et le château de Haut-Lion est pris aprés une résistance de deux heures. Un monument prés d’un char rappelle l’action des soldats britanniques.
 

Ouistreham-Riva-Bella (14)

Publié: 14 octobre 2009 dans Voyages

A 7h20, l’artillerie navale ouvre le feu sur Ouistreham et Riva-Bella afin de préparer le terrain aux soldats qui vont débarquer. La batterie équipée de canons de 155mm défendant la plage Riva-Bella est déménagée sur ordre de Rommel en mai 1944 et est installée dans le bois de Saint-Aubin-d’Arquenay. A l’est de l’embouchure de l’Orne, la longue plage de Riva-Bella, défendue par un long fossé bétonné, voit débarquer le 6 juin à 8h30 les 177 Français du 1er bataillon de fusiliers marins du commando franco-britannique n°4 menés par le capitaine de corvette Philippe Kieffer. Pour la plupart, en majorité bretons, ils ont rejoint le général de Gaulle dés 1940. Ils s’entraînent trés durement au camp d’Achnacarry en Ecosse. C’est la seule unité française engagée le jour J. Ils sont intégrés dans la 1re brigade commandée par lord Lovat. A peine débarqués, 30 sont mis hors de combat. Les autres se lancent vers Riva-Bella par la route de Lion-sur-Mer afin de prendre l’ennemi à revers. L’objetif est de prendre le casino transformé en fortin par les défenseurs. L’ancien casino au style anglo-normand a été démoli en 1942 afin d’être aménagé en point fort avec deux canons de 20mm sur le toit. Un Ouistrehamais, vétéran de la guerre de 1914-1918, guide les bérets verts à travers la cité et leur permet de prendre le casino à revers. L’appui des blindés est toutefois nécessaire pour emporter la décision.
 

Une villa, située aujourd’hui derrière le monument au commando n°4, sert de lieu de raillement aux commandos et de poste médical avancé. L’accés à cette plage est défendu par un point fortifié équipé d’une batterie de six pièces de 155mm, par des tirs de mitrailleuses et des mines : prés de la moitié des bérets verts y périssent. Une coupole en acier abritant des mitrailleuses domine la plage.
 

Un peu en arrière de la route côtière se dresse le Grand Bunker, une tour en béton de 17m. Ce bâtiment comporte cind étages dont le dernier est entaillé d’une large fente pour l’observation et pour y placer un télémètre affecté au réglage du tir. Un musée du Mur de l’Atlantique y est aujourd’hui installé : au niveau 5, il est possible de scruter l’horizon à l’aide du télémètre et de voir à une distance de 45km sur un arc de 180°. Non loin de là, un autre musée, le musée N°4 Commando, évoque en décrivant l’action des bérets verts de Philippe Kieffer. Prés du port d’embarquement vers l’Angleterre se trouve un monument-fanal. Ouistreham est libéré à 13 heures, mais seulement 60 commandos français sont encore en état de combattre. Un monument en forme de flamme situé boulevard Aristide-Briand rappelle le sacrifice des français libres le 6 juin 1944. Placée au-dessus d’une coupole, ce monument en aluminium est l’oeuvre de l’artiste caennaise Yvone Guégan.
 

Prés de celui-ci une stèle rend hommage à Philippe Kieffer.
 

L’église normande des XIe et XIIe siècles possède un vitrail offert par le Commando Association et honorant l’action des commandos de marine le jour du débarquement. Le dessin a été réalisé par le peintre Raymond Bradley ; à la base du vitrail figure l’inscription " 1939-1945. A la gloire de Dieu ".
 

Merville (14)

Publié: 13 octobre 2009 dans Voyages

De nos jours, la promenade à pied par les grèves depuis la pointe de Merville jusqu’à l’embouchure de l’Orne est fort agréable. Ici la mer se retire trés loin et découvre de vastes bancs sablonneux. Dans les dunes subsistent les vestiges de l’une des trois redoutes construites en 1770 pour la défense de l’estuaire de l’Orne. Au sud du bourg, à 2,5km du littoral, demeurent les deux blockhaus de la batterie allemande défendue par 130 hommes. Quatre abris bétonnés contiennent quatre pièces de 100mm d’une portée de 9km. La prise de cette batterie orientée vers l’estuaire de l’Orne est alors considérée comme l’objectif le plus important de la région âprés la prise des ponts de Bénouville et de Ranville. La batterie est défendue par des cannons antiaériens, par des projecteurs et est complétée par un bunker d’observation. Sept cent cinquante  parachutistes du 9e bataillon de la 6e Airborne commandés par le lieutennant-colonnel Terence B.N. Otway se sont trés durement entrainés pendant plus de deux mois. Ils sont équipés des moyens techniques les plus modernes. Le 6 juin, les parachutistes se posent vers 1 heure du matin, mais seul deux planeurs, dont celui d’Otway, se sont posés au bon endroit, la plupart s’étant éparpillés autour de la batterie. Otway réussit en une heure et demie à rassembler 150 hommes et décide de se lancer à l’assaut. A 4h45, aprés avoir perdu la moitié de ses soldats, Otway lance une fusée signifiant " objectif atteint ". C’était une demi-heure seulement avant la reprise des bombardements par le croiseur Arethusa basé au large. Otway et ses hommes n’y découvrent que de vieux canons tchèques. La garnison allemande a été anéantie : sur 200 hommes, 178 étaient morts ou hors de combat. L’endroit reste trés disputé entre les Britanniques et les Allemands, ainsi la batterie change sept fois de main jusqu’au 17 août. Un musée de la batterie est aménagé sur le site afin de rappeler l’audace et le courage de Terence Otway et de ses parachutistes.
 

 

N.B. : N’ayant pas pu entrée sur le site, je ne vous propose que des vues éloignées des batteries.